Le lieu de tous les fantasmes

Posted on 24 janvier 2014

Ce qui fait unanimité c’est le lieu, propre à tous les fantasmes et toutes les inquiétudes.

La fascination des boulevards se retrouve tôt dans les œuvres des écrivains de la butte. Au début du vingtième siècle, c’est son atmosphère ”effroyable” qui est recherchée, ”réalisée en imagination […] à travers le brouillard littéraire des trains qui sifflaient devant La Chapelle. La Chapelle et les bancs couverts de neige du boulevard, les filles qui attendaient à la porte d’un caboulot surmonté d’un hôtel, tout cela m’imposait une sorte de sécurité. La sécurité paradoxale du danger, […] derrière les grilles du hall sombre et des rails de la gare du Nord où les épaisses fumées des trains, les fanaux, les feux bleus, blancs, verts et rouges se correspondent tragiquement. L’arche de fer du métro, sonore, retentissante […]. Nous nous sentions poussés vers cet abîme aux rails brillants, aux vapeurs blêmes, aux lumières innombrables, jusqu’au vertige qui, petit à petit, nous gagnait…”*

Un quartier où l’ombre s’oppose à la lumière, où l’ombre est présente sous toutes ses formes, dans l’étendue des zones, mal éclairées, obscures, dans le dédale des rues voisines est un véritable coupe-gorge. Un lieu propice aux “crimes politiques“.

*Pierre Mac Orlan, Villes: Montmartre, page187, Gallimard, Paris, 1966.

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buchblock_Page_001Montmartre, contribution à une géographie de l’imaginaire de lieux ritualisésle livre de Frédéric Rossi-Liegibel, n’est pas un travail d’historien, d’ethnologue, de sociologue ou de géographe mais un éclairage sur les relations humaines spécifiques au lieu, sur les rites sociaux initiés par les pratiques de chacun qui perdurent encore aujourd’hui. Ce livre est disponible ici.