Les vignobles

Posted on 7 août 2012

”C’était d’abord ce reste de vignoble lié au souvenir de saint Denis, qui, au point de vue des philosophes, était peut-être le second Bacchus. Dionysos aurait eu trois corps dont l’un a été enterré à Montmartre, le second à Ratisbonne et le troisième à Corinthe. C’était ensuite le voisinage de l’abreuvoir qui, le soir, s’anime du spectacle de chevaux et de chiens que l’on baigne.”* La présence de la vigne est très ancienne à Montmartre et certains historiens ont rapproché son existence du nom de saint Denis: Dionysos (le dieu du vin et de la fête). Mais faut-il franchir le pas et conclure que le culte de saint Denis ne serait que la christianisation d’une coutume dionysiaque? Non, cela serait farfelu! La présence de vignes est attestée très tôt, la mention d’un pressoir au midi de l’église confirme l’existence d’une activité vinicole, même si la qualité du vin produit est médiocre, il a des vertus diurétique**. Le vin de Clignancourt avait meilleure réputation et le nom de la Goutte d’Or semble venir de la couleur du vin local.

Au XVIIème siècle, l’appauvrissement de l’abbaye de Montmartre favorise le peuplement de la butte. En effet, ruinées par les guerres, les Abbesses de Montmartre se voient contraintes de vendre les terrains au bas de la butte. Sur ces terres s’établissent des laboureurs et des vignerons pour la plupart. Cette communauté rurale compte une quarantaine de maisons alignées le long de ruelles convergeant vers l’église paroissiale Saint-Pierre. La vigne règne sur les versants sud-est et nord-est de la butte. Des vergers et des petits jardins potagers occupent les pentes nord et nord-ouest, moins bien exposées. Le Clos de Montmartre, est devenu la propriété de la Ville de Paris en 1933, d’une part, pour éviter que ce terrain ne serve à élever un immeuble et, d’autre part, pour rappeler le souvenir des vignobles de Montmartre. Il contient 3200 plants de thomery.

Gérard de Nerval, Paris et alentours, 1855, in Paris, vie et histoire du Dix-huitième arrondissement, page19, Hervas, Paris, 1986 ** ”C’est du vin de Montmartre, qui en boit pinte en pisse quatre.”

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buchblock_Page_001Montmartre, contribution à une géographie de l’imaginaire de lieux ritualisésle livre de Frédéric Rossi-Liegibel, n’est pas un travail d’historien, d’ethnologue, de sociologue ou de géographe mais un éclairage sur les relations humaines spécifiques au lieu, sur les rites sociaux initiés par les pratiques de chacun qui perdurent encore aujourd’hui. Ce livre est disponible ici.

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