La Révolution

Posted on 25 août 2012

Le 22juin 1790, l’Assemblée nationale tranche, en réunissant le bas Montmartre à Paris. La commune de Montmartre est réduite au haut de la butte, son premier maire est Félix Desportes de Blinval. La commune est peuplée d’un millier de personnes environ. La première mairie s’installe place du Tertre, au premier étage du presbytère, à côté du domicile de son maire.

Félix Desportes surnommé le ”caméléon politique”* servit tous les régimes (le Directoire, le Premier Consul, l’Empire qui le fit baron, les Bourbons en 1814, puis à nouveau Napoléon…). Il mourut oublié, en 1849, à 86 ans, rue Laffitte. En novembre1793 la commune décide de se rebaptiser en Mont Marat, en souvenir de l’époque où il s’était caché dans les carrières de la Butte. Le 7 décembre 1794, on en revient au nom de Montmartre. ”Pour les révolutionnaires, les dénominations servent de moyens de propagande, d’instruments de vengeance, d’armes de punition”. La Révolution écrit ses pages les plus spectaculaires: avec une conscience du rôle idéologique et surtout pédagogique de ces dénominations, elle crée le ”Bureau d’Esprit”**.

On passe sans transition au militantisme agressif. La Révolution dénominative est cohérente dans son ampleur et son orientation du phénomène: ”nous passons de l’ère honorifique à l’ère idéologique”. Cette orientation se renforce par l’ordonnance de la Commune de Paris qui supprime ”les inscriptions des rues qui portent des noms proscrits, des noms de saints et des noms d’hommes vivants”. Le 24 janvier 1795, les représentants de l’octroi et des habitants soupçonnés de contrebande s’affrontent à proximité de l’église de la Chapelle, cet affrontement est connu sous le nom de massacre de la Chapelle.

* ”Le nom des grands hommes donné aux rues de Paris serait un monument de gloire et un sujet d’émulation pour les autres citoyens”, 1790, Le Moniteur universel in Daniel Milo, les Lieux de Mémoire, Quarto I, La Nation, page1897, Gallimard, Paris, 1997. ** Martin Heid, Les Noms des rues de Paris à travers l’histoire. Problèmes linguistiques et sociologiques, pages. 14 et 151, thèse, Tübingen, 1972.

Related Articles:

buchblock_Page_001Montmartre, contribution à une géographie de l’imaginaire de lieux ritualisésle livre de Frédéric Rossi-Liegibel, n’est pas un travail d’historien, d’ethnologue, de sociologue ou de géographe mais un éclairage sur les relations humaines spécifiques au lieu, sur les rites sociaux initiés par les pratiques de chacun qui perdurent encore aujourd’hui. Ce livre est disponible ici.

Be the first to leave a comment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>