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L’élan industriel

Posted on 28 août 2012

Les chemins de fer du Nord et de l’Est, dont les gares sont bâties dans le Dixième arrondissement modifient la physionomie du Dix-huitième arrondissement.

De 1843 à 1846, les lignes du chemin de fer du Nord occupent la moitié du quartier de la Goutte d’Or et divisent en deux la commune de La Chapelle. Toute une infrastructure est mise en place sur des terrains non viabilisés afin de procéder à l’entretien, aux réparations et au stockage des locomotives. Des ateliers sont implantés ainsi qu’une gare de marchandises, des messageries et les douanes. Le chemin de fer engendre des métiers nouveaux et fixe les ouvriers et leurs familles à proximité de leur lieu de travail. Contrairement à Paris où la croissance de la population est plus lente – 11 % entre 1851 et 1856 – les communes de la périphérie connaissent une explosion démographique de 63 %.Ce dernier accroissement résulte de la transformation de Paris par Haussmann. Les expropriations, les percées, les démolitions ont refoulé, nombre de Parisiens, vers la banlieue proche où les loyers sont moins chers qu’à Paris et où les produits de consommation courante, comme le vin, sont meilleur marché, n’ayant pas de taxe d’octroi à payer.

Vers 1860, l’industrialisation de La Chapelle prend son essor: des entreprises du secteur métallurgique s’installent. Ces activités industrielles exercent un attrait considérable sur la maind’œuvre qui, chassée du centre de Paris par les travaux d’Haussmann, émigre dans ces quartiers.

Le territoire de La Chapelle est fortement diminué au début de la seconde moitié du XIXème siècle par l’emprise des voies ferrées du Nord et de l’Est, du chemin de fer de Ceinture, de toutes les voies de raccordement et de l’installation des ateliers et gares de marchandises des chemins de fer du Nord et de Strasbourg. En revanche, l’installation de ces ateliers favorisera la création d’un nombre considérable d’industries diverses, usines et services de camionnage. Le percement des voies ferrées et des rues les déservant, l’ensemble étant lié l’industrialisation de Paris (et de toute la France) façonne durablement le quartier et va s’imposer comme un reflet des tensions politiques qui vont agiter cette fin de siècle.

* ”La Chapelle n’est point une ville de plaisance, c’est une ville industrielle.” Adolphe Joanne, Les Environs de Paris illustrés, 1856, in Paris, vie et histoire du Dix-huitième arrondissement, page38, Hervas, Paris, 1986.

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