Le crime à Montmartre, une vision normative

Posted on 10 septembre 2012

Mon postulat est que le crime constitue un phénomène de société dont la définition même implique, en même temps et de façon indissociable, une part normative d’ordre culturel, politique, économique et social.

La vision ou la compréhension du fonctionnement psychique des individus qui commettent des crimes ou s’engagent dans un mode de vie délinquant, ne relève plus d’un mode de vie romantique ou romanesque. Pour comprendre l’univers de Mac Orlan, de Carco et de Salmon, il est impératif de replacer ces événements dans un contexte religieux ou terroriste tel qu’il est apparu, à Montmartre. La délinquance (dénommée ici ”crime”) s’est développée de façon distincte selon les milieux et les époques, mais apparaît comme permanente à Montmartre et plus spécifiquement dans certains quartiers, tout particulièrement à la Goutte d’Or et dans tout le quartier de Barbès.

Cette partie s’attache à décrire comment le crime a laissé une marque significative sur l’imaginaire des lieux et inversement à voir si le quartier a été physiquement marqué par le crime.

Les pages qui suivent sont constituées de portraits d’acteurs du crime ainsi que de faits et divers délits qui ont été commis depuis l’annexion de 1860 à nos jours (même si, aujourd’hui, le crime tel que nous allons l’entrevoir s’est déplacé plus vers les boulevards extérieurs et au-delà du périphérique). Dans ce quartier qui a vu son maire devenir Ministre de l’Intérieur, les politiques de rééducation et de réinsertion, socialement justes et relativement efficaces ont été expérimentées. Force est de reconnaître qu’elles n’ont pas réglé le problème de criminalité de voisinage dont souffrent les habitants et en particulier ceux de Château Rouge, de Barbès et de la Goutte d’Or. Ces méthodes ne sont pas l’objet de cette partie, qui tend simplement à comprendre comment le crime s’est ritualisé à Montmartre…

Montmartre partage avec Belleville une propension à avoir longtemps été le lieu de refuge du crime à Paris. Mais peut-on qualifier Montmartre de Haut Lieu de criminalité?

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buchblock_Page_001Montmartre, contribution à une géographie de l’imaginaire de lieux ritualisésle livre de Frédéric Rossi-Liegibel, n’est pas un travail d’historien, d’ethnologue, de sociologue ou de géographe mais un éclairage sur les relations humaines spécifiques au lieu, sur les rites sociaux initiés par les pratiques de chacun qui perdurent encore aujourd’hui. Ce livre est disponible ici.

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