La réalité dangereuse de la zone

Posted on 24 novembre 2012

Plus profondément encore dans la nuit, aux marges extrêmes de La Chapelle et de La Villette, et non moins essentiels à ses plaisirs, les espaces désolés de ce qu’on appelait la zone. ”Ce gazon ras, ces sentiers pierreux, cette craie, ces marnes, ces plâtres, ces âpres monotonies des friches et des jachères… ces thébaïdes le jour, coupe-gorge la nuit… le charme mystérieux des grands murs sombres coupant carrément d’immenses terrains vagues inondés de soleil et pleins de papillons, tout cela l’attirait…”Les restes de l’ancienne enceinte fortifiée et des glacis des forts, la zone démilitarisée s’étendait sur l’emplacement des anciennes fortifications de la porte des Poissonniers à la porte d’Aubervilliers, vaste désert au bout duquel on avait bâti, à la porte d’Aubervilliers, vers les années 30 un groupe d’immeubles à loyers modérés où vivaient dix mille personnes, entre deux voies ferrées, une usine à gaz, une usine de produits chimiques, des magasins généraux. Pour aller prendre leur métro ou leur bus, les habitants devaient faire une véritable expédition, dans une contrée qui n’était pas sûre**.

Ces lieux déserts présentent l’autre inconvénient, d’être un lieu de prostitution. ”Dans la nuit du 21 au 22 novembre 1999, Ginka Trifonova reçoit un grand nombre de coups de couteau. Elle est retrouvée morte, dans la matinée par un employé de la ville de Paris (ou selon d’autre source par une dame du quartier, venue ravitailler les chats errants), sur le talus qui borde la rue de la Clôture, là où elle surplombe de plusieurs mètres les voies de la gare de l’Est.”***

*Victor Hugo, les Misérables, 1887, page679, Collection complète, Bouquins, Robert Laffont, Paris, 1985. ** Jean Rolin, la Clôture, page36, P.O.L, Paris, 2002. **”le gang de la rue de l’Ourcq… habitait par là, se retrouvait dans un terrain vague proche du boulevard de La Chapelle qu’ils avaient aménagé à leur convenance: ayant renforcé les clôtures, dissimulé les ouvertures, ils avaient installé dans une baraque des lits, de quoi manger et boire. À leur actif une quarantaine de méfaits…” Le Matin, le 4 janvier et le 9mars 1925.

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