Le plaisir Parisien et Montmartrois

Posted on 24 septembre 2012

Nous ne sommes plus dans ces rues du Paris médiéval, qu’en leur temps, Sue, Hugo et Balzac reconnaissent autour d’eux. C’est pourtant le Paris du Moyen Âge et le même que nous retrouvons bien vivant, malgré Haussmann.

Balzac connaît ces quartiers et ceux du même genre. Mais que cherche-t-il? Ce que cherchent sans doute ceux qui les fréquentent en son temps et au nôtre et quelles que soient les différences entre ceux qui ne s’intéressent qu’à leur propre plaisir, et ceux qui s’intéressent aux autres en quête de plaisir. Ce sont des lieux que l’on aime, tout en les accompagnant et en les masquant de considérations politiques, morales et religieuses, propres à toute époque.

Toute l’explication semble tenir dans cette double affirmation, à une sorte de complicité, à un accord tacite qui existerait entre tout Parisien et les lieux de plaisirs, si compréhensibles qu’il est à peine besoin de les expliquer. Cette constatation réduite à sa plus simple expression peut-être présentée comme les articles du code du plaisir parisien:

1/Les hommes de plaisir sont inconsciemment poètes et les poètes sont eux-mêmes hommes de plaisir qui ”savent récolter, en flânant dans Paris, la masse de ces jouissances flottantes”. 

2/L’existence ”d’une masse de jouissances flottantes à toute heure entre ses murailles*”, encore plus nombreuses, plus attirantes, dans ces vieux quartiers pauvres où croupit le passé que dans les beaux quartiers neufs. 

3/Le plaisir n’a d’intérêt que mêlé, considéré et jugé par rapport à la société entière et à l’humanité.

Les faits sont relatés ou romancés, ce sont également des événements vécus enregistrés dans la mémoire des lieux. Dans ce qui va suivre, la volonté est de procéder à une exploration de la réalité des lieux tout en essayant d’en comprendre les déclencheurs. La ”Comédie humaine” nous apporte non seulement une description du plaisir dans la ville, pendant la première moitié du XIXème siècle, mais, elle domine Montmartre même et nous impose des personnages et des situations comparables à ceux qui ont peuplé et peuplent encore les lieux. ”Vous changerez les noms”, mais, ”il faut en faire quelques-uns de beau pour montrer que l’art est aussi fort que le hasard”**. Pour juger de ces références Balzac nous donne une clé : l’arrière-plan social donne aux choses apparemment insignifiantes une grande importance et les transfigure.

*Honoré de Balzac, la Fille aux Yeux d’Or, page 427, Collection Bouquins, tome IV, Robert Laffont, Paris, 1976. **Honoré de Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes, page 1123, Collection Bouquins, tome I, Robert Laffont, Paris, 1976.

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buchblock_Page_001Montmartre, contribution à une géographie de l’imaginaire de lieux ritualisésle livre de Frédéric Rossi-Liegibel, n’est pas un travail d’historien, d’ethnologue, de sociologue ou de géographe mais un éclairage sur les relations humaines spécifiques au lieu, sur les rites sociaux initiés par les pratiques de chacun qui perdurent encore aujourd’hui. Ce livre est disponible ici.

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