La Commune combattante

Posted on 26 octobre 2012

La Commune gouverne dans le désordre. La prolifération anarchique de comités divers, qui soutenaient la révolution, l’affaiblissait, en particulier en ce qui concerne la défense de la Commune. Les tentatives de conciliation de la part de l’Union des chambres syndicales, de l’Union républicaine des droits de Paris, des députés de Paris, des membres de la franc-maçonnerie, entre la Commune et Versailles, n’eurent pour effet que d’amoindrir la résistance de Paris. Thiers, avec l’appui de Bismarck, reforme son armée. À partir du 1er mai commence le bombardement systématique de Paris par l’armée Versaillaise.

Le dimanche 21 mai, les troupes gouvernementales entrent dans Paris par la porte de Saint- Cloud. Pendant une semaine, les combattants de la Commune luttent quartier par quartier, maison par maison, barricade par barricade. Les Versaillais fusillent tous ceux qu’ils prennent les armes à la main. Les premières exécutions massives ont lieu, tandis que les pompiers de la Commune éteignent l’incendie du ministère des Finances, allumé par des obus Versaillais, ou d’autres attribués à des agents bonapartistes souhaitant faire disparaître les traces de la gestion impériale ou ceux allumés par les communards. La Légion d’honneur, la Cour des comptes, le Conseil d’État, en autres, sont la proie des flammes.

Aux massacres des habitants de Paris par les troupes régulières, la Commune répond en faisant exécuter cinquante-deux otages, dont Monseigneur Darboy. Le 26mai, la résistance est à son comble, les exécutions sommaires se multiplient à mesure que les Versaillais avancent dans Paris.

Le 27 mai, c’est le massacre des fédérés au milieu des tombes du Père-Lachaise. Le 28, Ferré, Varlin, Gambon se battent encore, entre la rue du Faubourg du Temple et le boulevard de Belleville. À une heure, la dernière barricade tombe. Le lendemain, le fort de Vincennes capitule et ses neuf officiers sont fusillés sur-le-champ. L’armée de l’ordre a perdu 877 hommes depuis le début d’avril. Mais, on ne sait exactement combien d’hommes, de femmes et d’enfants furent massacrés au cours des combats ou sur l’ordre des cours martiales, environ trente mille victimes, peut-être. La répression fut terrible!

À Versailles, on entasse plus de trente-huit mille prisonniers, beaucoup meurent de mauvais traitements. Pour juger les vaincus de la Commune, quatre conseils de guerre fonctionnent jusqu’en 1874. Il y eut 10042 condamnations et 3761 condamnations par contumace. Ferré, Rossel se montrent devant les conseils de guerre à la hauteur de leur destin. Ils sont condamnés à mort et fusillés. Le plus grand nombre est déporté en Nouvelle-Calédonie ou en Guyane. D’autres réusissent à gagner la Belgique, la Suisse et l’Angleterre. L’amnistie, votée en 1880, ramène en France les derniers survivants.

Related Articles:

buchblock_Page_001Montmartre, contribution à une géographie de l’imaginaire de lieux ritualisésle livre de Frédéric Rossi-Liegibel, n’est pas un travail d’historien, d’ethnologue, de sociologue ou de géographe mais un éclairage sur les relations humaines spécifiques au lieu, sur les rites sociaux initiés par les pratiques de chacun qui perdurent encore aujourd’hui. Ce livre est disponible ici.

Be the first to leave a comment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>