L’érection du Sacré-Cœur

Posted on 12 novembre 2012

Scindée par les logiques en présence, la colline de Montmartre devient un terrain d’affrontement, un affrontement qui par moments, atteint une irrationalité qui peut rattacher cette règle à un rite mystique, dans ce cas ”le législatif”. Il pose encore question: comment une loi d’utilité publique a-t-elle réussi à imposer un bâtiment en expiation des péchés de la France?

Un siècle après, la polémique autour de l’érection du Sacré-Cœur semble avoir été, avant tout, un grand débat, une dispute. Un conflit qui contient la décision de l’identité et de la différence des acteurs et responsable d’une scission dans le Dix-huitième et tout particulièrement à Montmartre entre les tenants d’une logique religieuse des lieux et ceux qui défendent au contraire son affirmation libertaire. Le débat autour du Sacré-Cœur a continué à s’instaurer comme un jeu qui a fait quelques victimes. Le ”jeu primitif”, base de l’identité du lieu, le transforme. Le partage des lieux (de la sphère de jeu) est le résultat de la crise constituée par la Commune. Les ”joueurs” en présence introduisent l’élément indispensable: sa règle, expression de la tension conflictuelle. Ce conflit est la réalité du lieu, elle contient sa finalité. Cette création conflictuelle est en conséquence sa règle, ce que Hegel appelle sa qualité: ”la détermination immédiate de ce qui est là, cette unité de l’Être et du Nichts, le rien ou le néant”. En effet, pour le jeu, tout ce qui n’est pas inhérent au lieu d’expression du jeu n’est rien. C’est pourquoi, la liberté et le doute, donc le jeu lui-même, ne portent, apparemment sans fin, que sur la détermination de la limite entre les logiques en présence, et dans ce cas la limite est tant architecturale que paysagère.

Consciemment admise par les deux joueurs, cette règle comporte deux composantes fondatrices: le texte du Vœu national au Sacré-Cœur et la loi d’utilité publique du 24 juillet 1873.

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buchblock_Page_001Montmartre, contribution à une géographie de l’imaginaire de lieux ritualisésle livre de Frédéric Rossi-Liegibel, n’est pas un travail d’historien, d’ethnologue, de sociologue ou de géographe mais un éclairage sur les relations humaines spécifiques au lieu, sur les rites sociaux initiés par les pratiques de chacun qui perdurent encore aujourd’hui. Ce livre est disponible ici.

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