Le choix du lieu

Posted on 15 novembre 2012

Monseigneur Guibert choisit le sommet de la butte pour trois motifs : l’histoire, une motivation sociale et une faible occupation des terrains.

L’histoire: l’entreprise du Vœu national est le signe d’un nouveau départ de l’évangélisation de la France; Le site: de Montmartre, on découvre tout Paris et réciproquement, Montmartre est vu de tout Paris. Dans Paris, la capitale de la France, l’église matérielle se veut l’image de l’Église vivante: ”dans ce monde” et non ”de ce monde” et non comme les églises d’Haussmann simplement intégrées dans les perspectives de la ville. Elle sera pour la Patrie par la christianisation du paysage urbain.”*

Une motivation sociale: la forteresse ne doit pas être orientée vers les menaces étrangères mais face aux ennemis de l’intérieur. On joue sur le parallèle entre construction matérielle et reconstruction sociale. ”C’est au sommet de la colline de Montmartre que les communards avaient versé le premier sang, là donc s’élèverait l’église expiatrice.”**

Le choix de la butte Montmartre est aussi facilité par le peu d’occupation du terrain.

Les contours de la butte Montmartre sont définis par Monseigneur Guibert, un tel projet de construction ne peut rester imprécis. Il s’adresse à l’automne 1872 à l’architecte Désiré Devrez***, qui lui remettra, début décembre, un devis pour un édifice de 2079 mètres carrés.**** Devrez participera au concours de 1874 et présentera deux projets à Monseigneur Guibert.

Dès le projet annoncé, les tensions débutent sur fond de procès des communards, l’affrontement viendra juste après.

*”On peut présager que bientôt le sommet de la butte se liera avec Paris par des constructions nouvelles et des rues établies sur la pente de lamontagne; que les moulins, dont le nombre diminue tous les jours, disparaîtront tout à fait ; alors la vieille église, riche de ses souvenirs, complètementrestaure, dominera la grande cité, dont elle marquera les limites ; et le sommet de Montmartre […] deviendra l’objet d’un pieux et continuelpèlerinage, où les fidèles viendront satisfaire leur dévotion. Les curieux et les promeneurs eux-mêmes […] voudront aussi visiter un lieu dont ilsn’avaient jamais soupçonné l’importance et l’illustration historique.” Jean Michel Leniaud, Jean-Baptiste Lassus ou le temps retrouvé des cathédrales, page 165, Arts et métiers graphiques, Paris, 1980.  **Daniel Halévy, La République des Ducs, 1938, page 23, Hachette collection Pluriel N° 8768, Paris, 1995. ***Témoignage inséré entre la lettre du Comité au saint Père, mai 1872, en réponse de celui-ci le 31 juillet et le compte-rendu de la séance du comité du 29 mai 1872, page 48 

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