La restauration

Posted on 27 août 2012

À peine un mois après Waterloo, Louis XVIII rétabli sur le trône, ordonne de restaurer les noms prérévolutionnaires de quarante-neuf rues, quais, places et ponts parisiens, sans que Montmartre soit concerné (la mairie s’installe place des Abbesses de mai à septembre1892, mais la place sera dénommée ainsi qu’en 1867). Cette ordonnance ne vise que la nomenclature napoléonienne, la révolutionnaire ayant disparu. L’ordonnance frappe les noms de la famille impériale sans supprimer les noms de batailles et d’officiers que Napoléon a attribués aux rues de Paris. La raison est simple: Louis XVIII n’efface pas Napoléon, il restaure l’Ancien Régime (de Chartres; Cazotte, Torcy)*.

À Paris, ce mouvement ne concerne que cinquante rues. Lorsque Louis-Philippe s’installe, il découvre des dénominations idéologiquement peu marquées.

Les révolutions se suivent et le siècle avance. A la faveur de l’industrialisation de la France, qui touchera très fortement Paris, Montmartre va changer.

”Montmartre est une petite montagne de plâtre, isolée et élevée dans une grande plaine…”** Ce village proche de Paris en deux siècles à peu changé, en vingt ans tout va être bouleversé.

* Figures de la restauration: Cazotte; de Chartres; Damrémont; Constantin Pecqueur; Doudeville; Ganneron; Joseph de Maistre; l’Olive; Montcalm; de Steinkerque; Torcy. Le détail explicatif du nom de ces rues se trouve en annexeVI. ** Henri Sauval, Histoire et Recherches des Antiquités de la ville de Paris, 1724, in Jacques Hillairet, Connaissance du Vieux Paris, page 182, Minuit, Paris, 1956.

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buchblock_Page_001Montmartre, contribution à une géographie de l’imaginaire de lieux ritualisésle livre de Frédéric Rossi-Liegibel, n’est pas un travail d’historien, d’ethnologue, de sociologue ou de géographe mais un éclairage sur les relations humaines spécifiques au lieu, sur les rites sociaux initiés par les pratiques de chacun qui perdurent encore aujourd’hui. Ce livre est disponible ici.