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De la création à l’annexion

Posted on 30 août 2012

Au XVème siècle, le village de Montmartre se compose d’environ quarante maisons regroupées sur les versants nord et nord-est de la Butte et habitées par des vignerons, des laboureurs et des meuniers. L’enclos de l’abbaye occupe une partie du versant sud. À l’Est et au Sud, le vignoble dont l’un des meilleurs crus est celui de Sacalie, représente la quasi-intégralité des cultures. Parmi les ceps poussent des pêchers et des cerisiers. Sur le versant nord, la vigne régresse au bénéfice des jardins, des cerisaies et des saulaies (saussaies). Au nord de la rue Marcadet jusqu’à Clichy, Saint-Denis et Saint-Ouen, La Chapelle, le sol plat se prête davantage aux cultures de céréales qu’à la vigne.

À Montmartre, on recense moins de 300 foyers de 1730 à 1770, puis 445 en 1786. ”Le Montmartre du haut”, desservi par des chemins non carrossables, et le hameau de Clignancourt vivent repliés sur eux-mêmes et demeurent agricoles. Au contraire, dans ”le Montmartre du bas”, les habitants entretiennent des relations étroites avec les faubourgs parisiens. Les nombreux cabarets et guinguettes, comme le Ramponneau, suscitent un commerce important renforcé par la création du mur des Fermiers généraux.

La Chapelle, qui compte 120 feux en 1741, 172 feux en 1786, progresse le long de la route de Saint-Denis, axe de circulation primordial. Le village tire profit de cette situation, comme le prouve la présence de rouliers, de loueurs de voitures, d’auberges et de guinguettes. L’assemblée municipale de La Chapelle siège jusqu’en 1834 dans une salle dépendant du presbytère. En 1834, la mairie est installée au numéro 14 de la rue du Bon Puits (de Torcy) jusqu’en 1847, date à laquelle elle s’installe dans un hôtel construit à l’angle sud des rues Marx Dormoy et Doudeauville, jusqu’à la création du Dix-huitième arrondissement.

En 1790, les terres de la paroisse de Montmartre se répartissent en terres labourables, jardins, vignes et bois. On cultive notamment des pois et des fèves. L’activité de la meunerie domine. Sur les hauteurs, à l’Ouest, une dizaine de moulins broient des céréales, blé, orge et seigle, récoltées à mi-côte*. C’est ainsi que Montmartre qui compte 638 âmes en 1806 passe à 1174 dès 1812, 2209 en 1821, 4000 en 1826, 7802 habitants en 1844. Avec l’élan industriel, la population explose: en 1857 elle comptera 36450 habitants.

Les villages ruraux, Montmartre et La Chapelle, accueillent durant la première moitié du XIXème siècle, un flux important de populations (employés, ouvriers…) attirées par la capitale, mais trop pauvres pour s’y loger. Le 9 juillet 1847, c’est sur le territoire de Montmartre que débute, la campagne des banquets qui aboutit en février suivant à la chute du régime de Louis- Philippe, 63 de ses 68 électeurs se déclarant ”partisans des vrais principes constitutionnels”.Le 26 mars 1848, un arbre de la liberté est planté place du Tertre. Le 23juin1848, les vaincus de l’insurrection se réfugient dans les carrières de Montmartre, dont un grand nombre se fait massacrer par les troupes du général Cavaignac.

*”Mais le principal commerce de Montmartre est celui de la consommation journalière, qu’il doit au voisinage de Paris. On y compte jusqu’à 350 marchands de vin traiteurs” Leblanc de Ferrière, Paris et ses environs, 1844, in Jacques Hillairet, Connaissance du Vieux Paris, page156, Minuit, Paris, 1956.

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