La réalité de la Chapelle

Posted on 27 novembre 2012

La réalité, c’était ces crimes, ces victimes, ces coupables que Mac Orlan et ses amis percevaient à peine et transformaient en image poétique. Mais la réalité n’est guère poétique dans le Montmartre de cette époque.

”Il est facile de concevoir que les images les plus nettes ainsi obtenues n’étaient pas sans brume. Cette brume s’effilochait, et les coins de paysage qu’elle dévoilait fugitivement paraissaient encore plus hideux*.” La Chapelle, la Goutte-d’Or, Barbès, restent ce qu’ils étaient: un milieu dangereux et attirant, attirant parce que dangereux, un milieu réel et fascinant, distillant une nouvelle poésie**.

* Pierre Mac Orlan, Villes: Montmartre, page47, Gallimard, Paris, 1966. ** ”On songeait à la Bretagne, aux séparations qui laissent prévoir comme la marée, à des tendresses où la rupture est marquée d’avance comme un trait de lime. Légèreté des sentiments profonds. Vents peut-être chargés de larmes d’amoureuses.” Jules Romains, Des Hommes de bonne volonté, tomeI: Le 6octobre, Page781, Flammarion, Paris, 1933.

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buchblock_Page_001Montmartre, contribution à une géographie de l’imaginaire de lieux ritualisésle livre de Frédéric Rossi-Liegibel, n’est pas un travail d’historien, d’ethnologue, de sociologue ou de géographe mais un éclairage sur les relations humaines spécifiques au lieu, sur les rites sociaux initiés par les pratiques de chacun qui perdurent encore aujourd’hui. Ce livre est disponible ici.