contribution

Contribution à une géographie de l’imaginaire de lieux ritualisés, ce sont les mots donnés par Pierre Donadieu à ce travail. J’avais envie de le partager d’où ce site. 

Inspirée des travaux du laboratoire “Jardins, Paysages, Territoires“ cette thèse propose de multiples portes d’entrée comme autant de perspectives pour ce lieu singulier : Montmartre. Elle ne se veut pas un travail d’historien, d’ethnologue, de sociologue ou de géographe mais un éclairage sur les relations humaines spécifiques au lieu, sur les rites sociaux initiés par les pratiques de chacun qui perdurent encore aujourd’hui.

Montmartre, n’est pas un thème inédit, mais l’approche est différente. J’ai puisé dans les récits d’écrivains, sociologues et nouvellistes, de Louis Chevalier, de l’abbé Jacques Benoist, de Emile Zola, de Pierre Mac Orlan, de Roland Dorgelès, de André Salmon, de Henry Miller, de Céline, de Jean Genêt pour n’en citer que quelques-uns. J’ai croisé ce matériau avec les travaux de Alain Roger, de Augustin Berque et bien sûr de Pierre Donadieu, ainsi que ceux de l’école de Pallo Alto.

Montmartre est un “site-monument“ soit ! Montmartre est aussi un lieu de mémoires plurielles !

L’objectif a été de reconstituer et de faire apparaître, sous la chair du vécu, l’ossature de ce patrimoine et des usages qui ont été créés de cette manière singulière dans un espace qui s’est ritualisé. C’est l’inventaire des diverses traces historiques qui ont marqué le(s) site(s), comme autant de coupes géologiques, qui a permis de déceler les différents groupes sociaux qui en entretiennent le souvenir et qui constituent autant “d’identités alternatives“ pour un lieu unique. À Montmartre et dans le Dix-huitième arrondissement, les réalités survivent, d’autres se dissipent. L’authentique se métisse de fiction ou d’imagination dans un sentiment trouble que suscite parfois le quartier. Ce travail sur la relation du sujet au monde, sur l’espace et le vécu social, développe dans une nouvelle direction, les pistes qu’offrent les activités religieuses, libertaires, libertines ou criminelles et se propose d’explorer leur coexistence dans un même espace, d’où le sous-titre de la thèse : contribution à une géographie de l’imaginaire de lieux ritualisés.

Ce sentiment trouble ne résume-t-il pas, à lui seul, le plaisir ambigu que distille toujours la fréquentation du quartier ?

Frédéric Rossi-Liegibel – Phd – Docteur de l’Institut des Sciences et Industries du Vivant et de l’Environnement (Agro Paris Tech) – Spécialité : Sciences et architecture du paysage

Inspired by the work carried out by research team, “Jardins, Paysages, Territories, (Gardens, Landscapes, Territories)“, this dissertation offers multiple entries as well as perspectives on this singular place, Montmartre. It is meant to be neither a historical, or ethnological or sociological or geographical analysis but to shed light on the human relationships pertaining to that place as well as on the social rites originating in general practice which still endure today.

Monmartre as a theme is no novelty but the approach here is different. I delved into the narratives of novel and short-story writers and of sociologists : Louis Chevalier, l’abbé Jacques Benoist, Emile Zola, Pierre Mac Orlan, Roland Dorgelès, André Salmon, Henry Miller, Céline, and Jean Genêt to name a few. I cross-fertilised that material with research from AR and of course from PD, not to forget the Palo Alto school.

If Montmartre is a “monument-site“, it is also a memory-saturated spot.
The goal was to reconstruct and to expose, under the fleshy accretions of daily life, the bone framework of heritage and custom which were created in a singular manner in a site that has produced its own rites. Taking stock of the various historical traces that have left their imprint in the site(s) like as many geological strata made it possible to identify the various social groups which keep their memories alive and which make up as many « alternative identities » for one single spot.

In Monmartre and in the XVIIIth district of Paris, the stuff of daily life partly endures, partly disappears. What is genuine and authentic intermingles with the fictive and the imaginary making up the mixed feelings that the area produces. This study of the relationship of man to the world around him, on the space and the social mores and habits develops along new lines such perspectives as religious, libertarian, libertine or criminal practices offer, and intends to explore how they co-exist in the same space, hence the dissertation’s subtitle.

Do not those mixed feelings encapsulate the ambiguous pleasure one derives from haunting the area?